Elle est là, la réussite

Publié le par Odile

Elle est là, la réussite : des adultes qui bossent avec des ado, des gens qui n'ont rien à voir les uns avec les autres mais qui se fédèrent et se complètent ! Tout ça autour d'un projet riche qui multiplie les registres. Un amateurisme qui cultive le courage et se transforme en une drôle de chaîne qui sait instinctivement trouver ses maillons.
Joyeux désordre, jeu de contraintes et d'obstacles contournés les uns après les autres. Nous aimantons et trouvons nos relais au pied levé. Incroyable solidarité souriante.

Nous n'avons pas dormi depuis plusieurs jours. Un peu de somnolence volée au coin d'un chrono serré. Pas beaucoup de repas. Pas un qui s'en plaint. On cherche plutôt comment protéger ses batteries au mieux.

La maison est remplie de monde qui passe, fouille dans le frigo, dépose ou retire un colis de journaux, recharge les coffres pour les livraisons du matin, cherche un tournevis, trie les tee-shirt, répare un accessoires, choisit la place de son matelas. Candice et Stan qui répètent d'eux-mêmes pour les bolas, totale autonomie. Gaëlle n'a même plus besoin de superviser. Le bar qui tourne tout seul pendant que je règle des questions sécurité pour demain et fond de caisse pour ce soir.

Auberge espagnole qui fonctionne avec des étiquettes sur les portes, placards, sacs et cartons, comme sur des roulettes.
"Les gens" ne sont pas autonomes ? Quand ils sont réunis autour d'un état d'esprit, ça se discute...


La vraie victoire : que plus un seul de ces gamins ait l'impression d'avoir besoin de moi, ni rien appris. Que les choses leur deviennent naturelles et plaisantes sans l'effort de l'apprentissage. Oublier cet avant dans lequel ils n'y voyaient pas clair. Cadeau !
Je supervise, c'est tout, doublure de coulisse.

L'animation de vendredi (des jours de prépa) a été emportée par les rafales de pluie, le bar a dû être ré-aménagé, il a fallu courir après les galères de nos fournisseurs et partenaires, on n'a pas gagné encore assez pour payer nos factures, mais le vrai résultat est sous nos yeux : tout fonctionne. Quoi qu'il arrive : cadeau.

Elle est la, la victoire. C'était ça que je voulais réussir.
J'ai gagné. J'ai bien fait d'y croire.

Publié dans Bodéga 2009

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Jean-Luc Jambon 30/07/2009 22:26

Sauf votre respect, mais je ne vos pas ce qu'une association non qualifiée vient faire avec des jeunes. J'exerce depuis 27 ans en milieu d'insertion pour handicapés et je peux vous dire qu'il faut d'autres compétences qu'un bar d'amateurs. Laissez à chacun son travail et les vaches seront bien gardées.

Odile 31/07/2009 11:47


Je comprends, Jean-Luc, que 27 années d'expérience vous poussent à envisager les "possibles" de façon légèrement cloisonnée. Trajectoires et son joyeux désordre ont de quoi déstabiliser les
repères : nos jeunes vont bien, nos projets en drainent d'autres qui vont moins bien, nos jeunes peuvent avoir de 14 ans jusqu'à la trentaine (!), ils sont supervisés mais seulement supervisés
(leur décision est toujours la bonne, nous l'assumons), ils jouent avec les registres de l'entreprise, de la culture, des arts, de la fêtes, de l'écriture, du commercial, de l'environnement, et
d'autres encore. Pour rester dans l'atypique, nos projets mettent en oeuvre de façon conjointe jeunes et adultes...
Alors, comment caser Trajectoires ? Insertion sociale ? Insertion professionnelle ? Action éducative ? Entreprenariat ? Ciment des générations ? Prévention ?
Que dire ? Que Trajectoires "vole" son public à d'autres professionnels ?
Quelles compétences nécessaires ? Quel diplôme obligatoire pour gagner le droit d'agir aux côtés de jeunes mineurs ?
La réponse, nous nous la donnons : être "inséré" , c'est sentir par l'expérience que nous faisons partie d'un tout dans lequel et sur lequel nous pouvons agir ; C'est savoir qui nous sommes, ce que
nous valons ensemble et seul, ce que nous pouvons essayer ; c'est avoir tâté ses propres repères, ceux d'autres personnes, senti son système de valeur et trouvé son moteur personnel. Trajectoires
n'exige pas que l'intéressé aille mal ou soit en questionnement difficile. Elle ne donne pas d'heure pour aller visiter la vie qui bouge.
Ceci expliquant cela, vous comprendrez dès lors pourquoi nous ne gardons aucune vache passive, et pourquoi, sans aucun complexe, nous fréquentons tous les prés qui nous interpellent.
Merci pour votre intervention, revenez, nous aimons l'échange !


Marie 30/07/2009 22:23

pas de place pour des commentaires dans vos pages, alors je viens poser le mien ici. "Nos valeurs" : j'ai beaucoup aimé. Vos principes me paraissent justes et il est temps que l'on arrête de paler d'idéalisme quand finalement il suffit de commencer à agir, tout simplement. Ce que j'ai vu de vos animations d'après-midi mérite un grand bravo, votre émotion et votre soutien constant et solide auprès de vos jeunes était évident : pas d'idéalisme, des acte venant de votre part. Vous avez tous mes encouragements pour recommencer dans l'avenir. Et mon respect

Trajectoires 31/07/2009 11:24



Merci à vous tous pour ces commentaires encourageants. Du carburant pour la suite !



Antoine 30/07/2009 13:25

super ambiance chez vous, on ne se prenait pas la tête. Vrais fêtards, revenez l'an prochain sans oublier les étylo  !

Nohan 21/07/2009 19:29

Je suis venu a votre bodega et cété le meilleur moment de soirée. Sympatoche !

Trajectoires 28/07/2009 12:07



Hé oui, on peut se marrer même en prônant le comportement durable du festayre ! héhé...



Le Déboussolé 19/07/2009 14:22

Yep !! Bravo à tous !!!!Bon courage pour la suite ...

Trajectoires 21/07/2009 19:36


Du courage plein les pieds et le réveil. Mais à toi aussi, me semble-t-il, avec un emploi du temps bien garni !